Il y a dix ans, le mot faisait ricaner. Aujourd'hui, on nous le demande chaque semaine. Le mullet est de retour — mais plus rien à voir avec le rideau de cheveux des années 80. La version 2026 est fondue, texturée, dessinée au millimètre. C'est une coupe de barbier, pas un accident. Reste une question : est-elle pour vous ?
Pourquoi le mullet est revenu
Après des années de dégradés ultra-courts et de crops millimétrés, une partie des hommes a eu envie de longueur, de mouvement, de quelque chose qui bouge quand on marche. Le mullet coche exactement cette case. Les footballeurs l'ont porté, les musiciens aussi, et les réseaux ont fait le reste.
Mais ce qui l'a vraiment rendu portable, c'est le travail de fondu. Un mullet moderne n'oppose plus brutalement des côtés rasés à une nuque longue : il fait le lien entre les deux. C'est ce dégradé de transition qui sépare une coupe assumée d'un déguisement.
Anatomie d'un mullet moderne
Trois zones, trois logiques distinctes :
- Le dessus : court à moyen, toujours texturé. Il donne le volume sur l'avant et empêche la coupe de paraître plate.
- Les côtés : dégradés — bas, moyen ou en burst autour de l'oreille. C'est là que le barbier gère l'équilibre : plus le fondu est haut, plus le contraste avec la nuque est spectaculaire.
- La nuque : la fameuse longueur. Elle peut s'arrêter au col ou descendre plus bas, mais elle doit être désépaissie. Une nuque laissée épaisse fait bloc et retombe comme un rideau : c'est l'erreur numéro un.
Le point technique qui change tout reste la zone de transition entre le dessus et la nuque. Bien exécutée, elle est invisible et le regard glisse. Mal exécutée, on voit une marche. Si le vocabulaire des fondus vous échappe, notre guide du taper fade pose les bases utiles avant de vous asseoir dans le fauteuil.
Les versions qu'on réalise le plus
Le mullet discret
Longueur de nuque limitée, fondu bas, dessus sage. Vu de face, on ne voit presque rien : c'est une coupe classique. Vu de profil, il y a un caractère. La porte d'entrée idéale quand on hésite, et la version qui passe partout — bureau compris.
Le mullet texturé
Le dessus est travaillé en piquetage, la nuque légèrement effilée. Beaucoup de mouvement, un rendu volontairement décoiffé. C'est la version la plus demandée chez les 18-30 ans, et celle qui photographie le mieux.
Le burst fade mullet
Le dégradé s'arrondit autour de l'oreille en éventail, laissant une bande de longueur intacte au centre du crâne jusqu'à la nuque. Très graphique, très net. C'est la version la plus affirmée du lot.
Le mullet bouclé
Sur cheveux ondulés ou bouclés, la texture est offerte : le barbier sculpte la forme, les boucles font le spectacle. Un des rendus les plus flatteurs qui soient — à condition de désépaissir sérieusement la nuque, sinon le volume part en largeur.
À qui va vraiment le mullet ?
La coupe allonge la silhouette du crâne et adoucit la mâchoire par le bas. Elle rend donc particulièrement bien sur les visages ronds et les visages carrés, qu'elle vient équilibrer. Sur un visage déjà très allongé, on compense en gardant le dessus plus court et en jouant le volume sur les côtés — c'est exactement le genre d'arbitrage détaillé dans notre article sur la coupe adaptée à la forme du visage.
Côté nature de cheveux, tout fonctionne, mais pas de la même manière : les cheveux ondulés ou bouclés donnent le résultat le plus naturel, les cheveux raides demandent un peu de produit pour éviter l'effet plat, et les cheveux très fins gagnent à rester sur une nuque courte pour ne pas paraître clairsemés.
Le vrai critère, en réalité, n'est pas morphologique : c'est l'assumer. Le mullet est une coupe qui se remarque. Si l'idée d'être regardé vous crispe, commencez par la version discrète — on peut toujours allonger, jamais rallonger d'un coup.
Le coiffer en trois minutes
Sur cheveux légèrement humides, un spray texturisant ou un peu de sea salt à la racine, puis on sèche en froissant à la main, tête vers le bas pour lancer le volume. On termine par une noisette de produit mat sur le dessus, jamais sur la nuque — elle doit rester souple. Pour choisir entre pâte, argile ou pommade selon votre nature de cheveux, tout est dans notre guide des produits coiffants.
Un réflexe à prendre : ne peignez jamais la nuque à plat. Les doigts suffisent.
L'entretien : là où beaucoup abandonnent
C'est le paradoxe du mullet. On croit qu'une coupe longue demande moins de passages en salon — c'est l'inverse. Les côtés fondus se remplissent en trois semaines, et dès que la transition s'épaissit, la silhouette se brouille. La nuque, elle, continue de pousser et doit être redessinée et désépaissie régulièrement, sinon elle s'alourdit.
Le bon rythme : toutes les 3 à 4 semaines pour les côtés et les contours, avec un vrai travail de nuque une fois sur deux. Sur un mullet discret, on peut étirer un peu. Sur un burst fade, non.
À Beynes, Matheus, Pedro et Renan réalisent le mullet dans toutes ses versions, de la plus sage à la plus marquée — et ils vous diront honnêtement laquelle vous ira. Réservez votre créneau en ligne : 30 secondes, choix du barbier et de l'horaire inclus.